Par ce que l'enfer est pavé de bonnes intentions (des autres lol)

Tout au long de notre parcours, nous sommes restés discrets sur le sujet. Par la suite, nous n’en parlions que si les personnes nous sollicitaient.

Pendant très longtemps (presqu’un an de mémoire…) nous n’en parlions pas du tout autour de nous. Avec le recul, on était naïfs, toujours l’espoir que cela arriverait naturellement. Puis les questions se sont faites plus pressantes, les événements aussi. Chacun de nous réagissait de manière différente. Pour moi, je n’en ai jamais parlé dans le cadre professionnel, je ne voulais pas que mes collègues soient au courant … Pas par honte mais j’avais déjà constaté la réaction de certains …

Je me souviens de l’annonce de la grossesse de ma sœur (notre bibi nationale !). On était tellement heureux pour eux ! Au fond de nous, on aurait aimé leur dire que l’on essayait depuis longtemps. Même à ce moment, on a gardé le secret même si cela nous renvoyait à ce que l’on vivait.

Plus le temps passait plus le secret devenait lourd … Nos proches, nos collègues nous demandaient « Alors c’est pour quand ? ». Surement de bonnes intentions, pour nous, une terrible envie de leur dire que l’on était dans la galère ! Après, le temps passant, est venue la colère envers certains.

Pour l’anecdote, je me souviens d’un ami très proche (qui n’en n’est plus un au passage …), heureux papa qui nous parlé constamment de sa progéniture. Tout à fait normal me dirait vous. Après leur avoir expliqué notre problème gentiment, nous leur avons demandé d’être plus « soft » avec nous. En effet, nous étions bombardés de messages groupés. Bien mal nous en a pris, leur réaction a été violente, nous ne les côtoyons plus.

Pour résumer, la PMA fait le tri, pour vous, dans vos relations.

Je me souviens d’un reportage, où un médecin disait que l’entourage est par définition maladroit. Nous avons pu le constater, les personnes ne savent pas comment réagir.

Après cette première année de silence et n’en pouvant plus des remarques, des questions nous avons fini par aborder le sujet avec les plus proches … Les réactions ont été différente pour chacun, souvent avec bienveillance. Ce fut une nouvelle étape, il a fallu faire le deuil de la surprise. Très difficile pour nous, trop fleur bleue lol.

Dans le regard de nos proches, on a pu lire des réactions différentes : de la peine parfois, de l’attention surtout. Certains avaient peut être pris conscience de ce qui nous attendait.

Pour d’autres personnes plus éloignées est venue la litanie de ce que j’appelle les remarques à deux balles :

« Je connais un couple qui a attendu dix ans ! »

« Vous verrez, cela arrivera quand vous vous y attendrez le moins »

« Vous y pensez trop ! »

Cette dernière est pas mal. Evidemment, quand on passe sa vie dans les hôpitaux …

L’attitude de nos familles et amis a changé avec le temps, en quatre ans. En effet, au fur et à mesure des épreuves, ils se sont soudés autour de nous. Nous sommes sentis entourés, écoutés … Ils ont fait bloc pour nous malgré les maladresses parfois.

Cet article, c’est aussi le moment de tous les remercier pour tout le temps passé à nous écouter.

Madame la cigogne siouplait ? Direction la fabrique de bébés !

... Par ce que nos articles ne peuvent pas toujours être top funs, celui ci est différent ...

Septembre 2011 … Après plus d’un an d’attente, la cigogne ne se penchait toujours pas sur le cas de Maman et de Papa. Dad nous raconte … roulements de tambours !

Nous commencions à trouver le temps long, pas inquiets pour autant mais dans l’expectative. Autour de nous les annonces de grossesse se multipliaient. A quand notre tour, pourquoi pas nous ?

C’est à cette époque que nous avons fait le choix de consulter sans en parler. Les questions se faisaient pressantes autour de nous mais nous voulions conserver l’effet de surprise. Nous nous projetions tellement dans l’annonce de la grossesse. Un couple d’amis avait eu des difficultés. Au cours d’une discussion, ils nous parlèrent du CHRU Jeanne de Flandres.

Il semblait que c’était « the place to be », nous avons alors pris rendez-vous, confiants. Nous avons découvert un monde peuplé de cigles PMA, FIV, IAC etc … Le grand jour est alors arrivé !

Ce jour nous avons découvert « la fabrique de bébés ». Un grand et beau bâtiment, des blouses de toutes les couleurs … Première surprise, le nombre de personnes qui patientaient. En moi-même, je me suis dit : il n’y a pas autant de monde dans ce cas ! J’observais les mines inquiètes voir déconfites de certains couples, je ne savais pas trop quoi penser.

Nous patientons et sommes finalement reçus par « THE ponte », le professeur Foldingue himself ! L’entretien débute avec des questions banales sur notre passé, notre couple, puis précises. Le grand chef nous annonce que nous allons poursuivre l’entretien avec deux autres médecins, des internes. En plus de cigles, il va falloir maintenant reconnaitre les médecins et là accrochez-vous !

A ce moment, c’est l’avalanche d’examens pour ma moitié, mais je ne suis pas en reste, notamment les fameux spermogrammes. Le discours devient plus sérieux, l’atmosphère plus lourde … A travers les lignes, ils nous font prendre conscience, doucement, que le parcours peut être long, difficile. Certains couples ne résistent pas.

Nous repartons du CHRU silencieux, les informations se bousculent dans nos têtes. Nous avons mis un pied dans la PMA (Procréation Médicalement Assistée). Ce parcours durera, dans notre cas quasiment 4 ans … Par ce que les images valent mieux qu’un long discours, regardez plutôt :

 

Parce que tout devrait toujours commencer par un cornet de frites !

14 juin 2010 … C’est ce jour que Papa a choisi pour sa demande de bébé et c’est ainsi qu’a démarré toute cette aventure.

Il faut dire qu’il est très cérémonieux et un peu fleur bleu aux entournures, on ne le refait pas.

Ce fameux samedi, après une énième journée de travaux dans notre maison. Il a donc décidé d’enlever sa chère et tendre pour une destination inconnue, comme à son habitude. Il avait bien préparé son coup…

Les voici donc en route, par une journée ensoleillée, vers la destination mystère. Après un certain moment, Papa tourne subitement et les voilà devant un grand hôtel, près de Bruges. Maman était impressionnée, il leur avait réservé une nuit dans un bel endroit. Les voilà dans la chambre, Papa n’en mène pas large et Maman s’émerveille de la décoration.

Après un certain moment à s’étonner de la taille disproportionnée du lit, Papa sort son téléphone de sa poche. Chacun prend un écouteur, Maman se demande ce qu’il a bien pu encore manigancer.

 

 

La musique se lance :

Maman comprend subitement sa demande et fond en larmes, elle a la larme facile maman, surtout en ce moment ! Papa aussi est un émotif même s’il s’en défend. Il passe un long moment l’un près de l’autre.

Après s’être remis de leurs émotions, Papa les entraine vers le restaurant de l’hôtel où ils pourront se régaler de frites servis dans des cornets en porcelaine. Le lendemain sera suivi d’une belle balade dans la ville de Bruges. C’est dans cette ville que quelques années auparavant qu’ils ont fait leurs premières balades en amoureux, quand je vous dis que Papa est un romantique.

Ce samedi 14 juin 2010 commence donc mon histoire ! Une longue histoire semée d’embuches, de péripéties en tous genres avec plein d’effets spéciaux ! Mais chuuut la suite est à venir…